Le réalisme dépasse la réalité dans l'invisible.
Plus petit c'est, et plus grand vous verrez,
Non pas avec vos cinq sens, mais bien avec votre conscience.


jeudi 10 juin 2021

Monde

 

Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société profondément malade.

Jiddu Krishnamurti, Philosophe d’origine indienne, 1895-1986.

Le sentiment, chez nombre de citoyens, d’une illégitimité des élus débouche de plus en plus sur un nihilisme qui s’abîmera dans le chaos.

Natacha Polony, journaliste pour Marianne




















J'écris ces quelques lignes pour me rapprocher de Dieu. Je lui parle à tous les jours. Il a fallu que je sombre profondément, et que j'éprouve le mal, pour qu'il me rappelle à lui.

Je dois prendre une décision, mais j'attends les signes, pour prendre la bonne direction. L'appel de l'ermitage se forge sur une conviction intime et profonde. Ma vie dans ce monde malade ne rime à rien, et dans cette maison tourmentée dans laquelle je dors toute les nuits, je sais qu'il veille sur moi.

J'avais pensé ma vie dans une éco-commune, mais je ne suis plus certain de vouloir rejoindre une communauté. De se diviser et de se replier en vase clos, sans se questionner sur la question fondamentale de l'unité, me semble une tentative vaine de s'extraire des égrégores de l'idéologie dominante ; une vie en éco-commune exclurait-elle tout ce qui ne répond pas aux exigences tacites d'un milieu encadré, et tendrait-elle à reproduire à petite échelle, ce qui qui nous réduit à la plus grande, celle d'un monde constitué d'atomes énucléés ?! En discutant avec mon amie Camille, j'ai réalisé que mes craintes sont aussi des pièges, et que mon pire ennemi, est la désillusion qui désarme toute forme de volonté.

Faire "UN", qu'est que ça veut dire dans un Etat déliquescent... Dans une France morcelée par la zombification de l'identité ?! Coup après coup... on se donne l'amour comme la mort, et on s'étonne plus de n'être que des idiots de supermarché, à se choisir un steak... un bébé à tête rotative... une baise sur une appli dédiée... une opinion toute faite... une option toute comprise et inclusive... une posture tellement fabriquée... pourquoi pas, la vérité déguisée en mensonge... en tête de gondole, le choix est bêtement convenu et univoque... il n'y a rien d'autre que de la foutaise enrobée de sauce moutarde, sous la marque "Macron" ou "Lepen". Le nec plus ultra, c'est de croire que le non choix et un bon choix. Même la merde requiert un bel emballage ! Que va nous chier le système dominant en 2022 ?! Je ne sais pas vous, mais d'ici là, je voudrais bien me casser dans un no man's land, faire pousser mon potager, me couper de l'électricité, et vivre une réalité sans tête-à-claque. 

Faire "UN" avec ce qui nous entoure... Il y a quoi après nous... après le JE, vil, égoïste et narcissique ?! L'humain à moteur, n'attend que de repartir en voyage à Kuala Lumpur, pour se croire unique dans un monde de copies identiques. De la limite critique à ne pas dépasser, il n'en a jamais rien eu à faire, toujours le pieds sur le gaz, l'homme ce Kamikaze décérébré a épuisé la terre, pour son fun... son plaisir... son divertissement. Extinction des feux, un virus depuis plus d'un an, régule le trafic et les horaires, et le parc d'attraction a fermé ses portes au grand public. L'Inde se meurt, et à Paris... on espère un retour à la débilité des babillages des bistros à bobo, autour des plans de vacances sous ambiance contrôlée au "check point" des codes barres "Tous Anti-Covid" du client salubre et autorisé... à boire... à manger... à festoyer... et à se cultiver. Hello ! Dites-moi à quoi sert d'être autant connecté quand ça n'allume plus dans le grenier ?! 

Se connecter à sa nature profonde, est-ce possible sans passer par la 5G ?! Peut-on se reconnaitre sans écran interposé ?! Aurons-nous la lucidité de dire non à ce monde totalitaire qui s'impose toujours plus par les technologies et le sécuritarisme ultra-libéral ?! Quand même, ça craint... ça craint... ça craint...

Il a un monde en chacun de nous. Comment comprendre qui nous sommes, si nous ne savons pas, à l'échelle individuelle, la juste place que l'on doit occuper dans l'univers ?! Nous ne savons même pas que nous sommes les co-créateurs de Dieu - l'unité de l'univers -, pour la simple et bonne raison que nous ignorons qui nous sommes réellement, et que... finalement... les confinements successifs nous ont formaté au nouveau monde sans contact libre. La fabrique du consentement a produit en nous les conditions nécessaires à la servitude, en distillant la peur, en martelant la méfiance, et en nous inoculant le mensonge déguisé en vérité.

Tout est là, comme une évidence qui sombre dans le chaos. On meurt avant de mourir, avec dans nos veines un sang malade, des gènes corrompus par des modes de vie toxiques, des cerveaux réduits à la consommation - principale activité des sociétés marchandes -, et des bleus invisibles qui marquent nos corps transmutés en machine, dans l'éloge triste d'une humanité sans humanité, et cette trop grande envie de vivre qui nous tue tout le temps. Mais la mort n'est qu'une vue de l'esprit. L'appel est grand, mais nos coeurs sont emprisonnés dans les artefacts du passé... portant en eux... nos démons... nos pièges... et nos scissures. 

Déprogrammer, changer de logiciel, exige une simple impulsion, celle d'ouvrir la porte pour laisser circuler la lumière. Ce n'est pas le Pass Sanitaire ou un quelconque Passeport Vert qui nous rendra libre. La liberté, par essence, n'a pas besoin d'être tracée et numérisée. Elle est un droit fondamental de notre démocratie, dévoyé par des états corrompus par l'oligarchie, qui veulent nous soumettre au nouvel ordre mondial. Sur des voies balisées en direction de nos cellules aseptisées, nos confessionnaux sont des murs sur lesquelles les vies s'inscrivent comme des agrégats éparses d'une vie réduite à l'isolation. Nous sommes devenus la matière première des moulins à moudre du grand marché mondialisé de la donnée numérique. Pour chaque courbe, une mesure nous sera imposée, avec à la carte, un crédit social octroyé pour les bons citoyens. Ce monde existe déjà en Chine, et nous sommes à un cheveux de franchir la limite fatidique, celle qui fera de nous des êtres substituables et remplaçables, pour les services gestionnaires des GAFAM - Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft. La politique désormais se joue pour les bénéfices indécents des intérêts privés, et dans un monde dérégulé par la finance, dicté par les enjeux de l'intelligence artificielle et du transhumanisme, il n'y a plus de place pour l'unité - citoyenne, philosophique, spirituelle et divine -, car les divisions individuelles et communautaires, les tentations identitaires, les tensions sociales et raciales, les maladies, les conflits, et les guerres, sont les conditions factuelles et nécessaires au contrôle absolu.