mercredi 22 novembre 2017

Se divertir pour oublier



« Ainsi s'écoule toute la vie : on cherche le repos en combattant quelques obstacles, et si on les a surmonté le repos devient insupportable par l'ennui qu'il engendre. Il en faut sortir et mendier le tumulte. »
 Blaise Pascal – Pensées


Au delà de ce qu'il peut contenir d'inutile, le divertissement de masse nous conditionne à zapper l'essentiel. Il est ce parent appauvri du désir. Il est infiniment omniprésent dans le monde moderne, il est polyédrique et s'incarne dans divers objets. L'alternative aux divertissements se retrouve dans l'ennui et son cortège de vide. Mais qu'est-ce que l'ennui et le vide pour un esprit libre et créateur ? Juste l'occasion de se connecter sur son univers intérieur, et découvrir des couleurs, des nuances et des contrastes autrement plus vrais, que ceux trafiqués par la société de consommation immodérée.


Nous passons beaucoup de temps à nous laisser distraire par les gadgets de la modernité, simplement pour nous rendre la vie plus supportable dans la perspective d'une mort inéluctable. Parfois, l'ambivalence même de la distraction réside dans une dimension morbide, dans la vue d'un film d'horreur, dans l'action d'un jeu vidéo violent ou encore dans une activité sportive agressive, ou dite extrême, pour certains kamikazes en mal de sensations. Pour oublier notre condition mortelle, nous alimentons souvent des désirs glauques, à la limite de l'anéantissement, du beaux et du sacré, la vie. Il nous faut ressentir cette montée d'adrénaline pour se sentir vivant, quitte à flirter avec la douleur, la peur et le stress.

Il y a aussi les divertissements nobles, offert par la culture, qui élève l'esprit. Peut-on vraiment les appeler divertissements, dans la mesure ou il faut justement être connecté à soi-même, se concentrer et faire marcher autre chose que la satisfaction spontanée d'un besoin primaire, mais plutôt l'écoute et le don de soi. Lire un livre, regarder une sculpture, écouter une œuvre de musique classique, assister à un tour de chant lyrique, cela requiert une grande ouverture au monde, et n'est pas toujours une chose aisée et si distrayante. La culture ça se mérite par l'ouverture de l'esprit. Dans cette éloge de la lenteur, il est question d'un rapport au temps plus profond et moins matérialiste, ou l’observateur défi les lois de l'entropie, et se retrouve dans l’œil du cyclone, à regarder le monde extérieur courir vers son essoufflement.

Nous sommes en permanence sollicités à nous divertir pour oublier, même nos principes, nos valeurs, jusqu'à encenser tout ce que le système nous impose pour sa survie. Notre avidité pour les choses dites ludiques et distrayantes nous pousse à compulser trop souvent comme des automates. Les marchands de chimères nous enchainent comme des esclaves autour du grand JE de société. Nous passons notre temps à assouvir nos pulsions par des addictions toujours plus prenantes et chronophages.




Dans une société marchande dont les valeurs sont la compétitivité, l'agressivité, le rendement et le profit, le divertissement s’inscrit dans le consumérisme excessif et débridé. Se divertir devient de plus en plus une obligation et non plus un simple passe temps. Il faut dans ce monde formaté s'occuper à tout prix. Les publicitaires le savent très bien et le système marchand capitalise sur cette notion infaillible du "Must have". Il en est ainsi d'une multitude d'individus qui s'éparpillent et se perdent dans les distractions puériles. Amnésiques aux réalités qui dérangent et bousculent le quotidien, les consommateurs veulent juste se changer les idée, pour éviter de trop réfléchir, ça pourrait les tuer de réaliser leur bêtise. Les industriels du divertissement n'ont qu'à engranger les mirobolants profits du fétichisme de la marchandisation, ou les rituels sociaux s'inscrit plutôt autour du packaging superficiel, sexy et racoleur, qu'autour de réels échanges.

Il est plus aisé d'être trop occupé par le grand déballage incessant de nos écrans tactiles; nous légitimons ainsi notre ignorance, et nous pensons par procuration, à coup de clics, de copier/coller et de messages tout prêt à briller sur les façades. La consommation de masse est ce qui porte le divertissement à son apogée : elle nous fait oublier l'être au profit de l'avoir, dans une société gadget. Se divertir dans le monde d'aujourd'hui, c'est posséder, détenir toujours plus de tout et de suivre impérativement le courant. Ainsi, l'homme avec sa condition mortelle laisse la place au consommateur, ce Pac-Man à l'appétit inassouvissable, cet agent économique dédié totalement à la machinerie mercantiliste, qui coure pour avaler des Pac-Gommes, et alors il avance, sans poésie, sans imaginaire, dans un sens unique, dont l'ultime issue de sa vie est un "Game Over". Acculé au pied du mur d'un cul de sac labyrinthique, nul divertissement possible lorsque vos fantômes vous rattrapent.

L'homme troque sa liberté d’être contre l'oubli d'exister. La mort n'est alors qu'un terrain vague qu'il s'efforce de circonscrire, par des murs inter-connectés, préférant combler son vide par de l'illusoire, du magique et du virtuel. En somme, il se laisse endormir par la pensée unique et marchande. Pourtant, la vie existe grâce à la mort, et inversement. Elles sont toutes deux indissociables, et ainsi chercher à nier la mort par l'ivresse des distractions revient à amputer la vie et à se fermer les yeux sur le réel.

Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Vous pourrez toujours interroger vos gadgets électroniques, si ça se trouve, ils trouveront deux ou trois arguments convaincants pour vous garder auprès d'eux. 

Parce que vous le valez bien !















dimanche 29 octobre 2017

AVANT PREMIERE : QUAND JE SERAI GRAND


"Un Molière ? Qu'est ce que tu veux que j'en fasse ? J'ai déjà un truc pour caler la porte..."
Jean-Pierre Bauman





AVANT PREMIÈRE : QUAND JE SERAI GRAND
Les enfants Roi de papa Circus !

Un coup de cœur de Martin Polaire
Ré-édition d'une publication du 25 octobre pour le CIRCUS FAN CLUB


  
Jeremy Circus, cinéaste/réalisateur indépendant
Bonjour ou bonne nuit à toutes et à tous !
Je ne sais plus comment on dit les choses au delà d'une certaine heure...
Avant d'aller sous la couette pour faire un gros dodo, je voulais vous faire part de mes appréciations au sujet de l'avant première du film Quand je serai grand qui s'est déroulée hier, le mardi 24 octobre, au Théâtre Clavel dans le 19ième de Paris.
Jeremy il est grand, beau et brillant, et jamais je ne pourrai me tarir d'éloges à son égard. C'est un homme qui s'est construit une forte identité dans le milieu du cinéma sans aucun compromis ; il est de ceux qu'on appelle un self made man ! C'est un artiste cinéaste indépendant qui se donne une grande liberté de ton, à l'heure ou la plupart de celles et ceux qui arrivent et réussissent dans le milieu doivent montrer patte blanche et se mouler aux impératifs du système afin d'obtenir des financements.



Sophie Tellier, Jeremy Circus, Alexandre Bonstein
Mon admiration pour lui est ineffable... il n'y a pas de mots assez forts pour décrire Jeremy... et j'aimerais tant qu'il soit davantage reconnu pour son génie, que ses œuvres puissent bénéficier d'une meilleure diffusion et qu'il puisse jouir d'une bonne rétribution.

 


Le film que j'ai vu aujourd'hui est une œuvre collective qui mérite le respect ; les acteurs de Quand je serai grand ont donné la plus belle part d'eux-même : la vrai.
Quand je serai grand est ni plus ni moins que le jeu des miroirs dans le milieu implacable des arts de la scène ; une mise en abime habile dans les brèches narcissiques d'actrices et d'acteurs ne vivant que pour leur art.




Jeremy Circus et Sophie Raynaud


Je n'ai pas envie de vous raconter l'histoire dans le détail, tout ce que je peux vous dire, c'est que Jeremy a très bien saisi la dynamique des grands enfants Roi de la scène. Tout tourne autour de leurs névroses, angoisses et nombrils ; mais dans le regard de Jeremy, les acteurs restent humains et attachants, parce-que derrière toutes ces postures tyranniques, se cachent une réelle souffrance et angoisse. Ce sont d'éternels enfants !



Les spectateurs invités à la projection privée ont ri du début à la fin ; le ton est décalé et les dialogues sont mordants dès les premières secondes du film. Les grands bébés de Jeremy ont improvisé la plupart des scènes, bien évidemment selon un canevas pré-établi. Il en résulte des moments de pur délire et de poésie. Ce film m'a beaucoup touché dans sa forme, la bande son a toute son importance et la musique est drôlement bien calée sur les scènes. Le rythme très punché, des cadrages savamment millimétrés, l'art du cadre serré sur des émotions à la limite du vrai.


Jacques Verzier
Sophie Tellier et Sophie Raynaud sont totalement investies dans leurs crêpages de chignons. Parfois ça fait très peur ! Sophie Tellier dans son personnage est abyssale et elle égratigne son beau vernis pour nous montrer la face moins reluisante de l'actrice ; d'ailleurs, lors de la projection, elle a ressenti un léger malaise et elle a reçu le film comme un coup de poing. Le miroir se casse enfin pour nous montrer les facettes des actrices et des acteurs en milliers d'éclats.
Mission réussie !



Alexandre Bonstein est complètement dans son rôle d'acteur à l'égo hypertrophié et la séance chez le psy est à mourir de rire. Il est simplement poignant et on a envie de le serrer dans nos bras pour le consoler. Il a du mal à abandonner le soleil duveteux pour le rendre à son analyste ; celui-ci lui tendra une main en plastique en guise de poignée de main. Absurde, hilarant et tellement caustique ! 




Sophie Tellier et sa fan, Betty Cognet
Armande Altaï en maquilleuse c'est du lourd de chez lourd et là on est pas dans l'économie de moyen. Elle me confie après la projection que le maquillage qu'elle créé sur le jolie visage de Sophie Tellier puise son inspiration dans l'imagerie de Cocteau.



Jacques Verzier dans le personnage de l'agent ne m'a pas fait rire du tout, je l'ai détesté dans ce film, faut voir comment il cause à la pauvre Sophie Tellier (dans le rôle de la comédienne Isabelle Deauville), le salaud ! Il joue très bien Jacques et j'ai aimé le détester et c'est pour ça que je l'aime. Vous me suivez ?




Je me permets de parler de leurs personnages aux travers de leurs réelles identités. Il est question d'eux dans ce film taillé sur mesure pour eux, d’où la fameuse mise en abime de l'acteur qui joue le rôle de l'acteur. Où est la limite ? Comment ne pas sombrer dans la folie ? Comment être lorsqu’on est tout et son contraire à la fois ? C'est le propre des acteurs et c'est aussi pour ça qu'on les aime et qu'on peut aussi les détester. Ce ne sont que des humains ! Des boules d'émotions emmêlées dans d’inextricables nœuds existentiels.

Jeremy Circus a totalement réalisé son long métrage grâce à l'apport de ses comédiennes et comédiens ! Une production dans le partage, la générosité, le don de soi, pour un des plus beaux arts, le cinéma. Mais il demeure néanmoins cette évidence que si les comédiens de Quand je serai grand ont tous acceptés de jouer sans être rémunérés, c'est qu'ils reconnaissent et qu'ils encensent indéniablement le talent de Jeremy Circus ! Ils lui sont reconnaissants de les avoir mis en scène et en lumière dans un film remarquable et brillant. Ils sont tous formidablement bien mis en valeur par l’œil avisé du génie Circus.


Jeremy Circus et Martin Lebel alias Martin Polaire
Chapeau l'artiste ! Tu es un virtuose dans la lignée d'un Xavier Dolan, et je pèse mes mots. Sincèrement je le crois. Tu possèdes un trésor inestimable en toi. Tu es très attachant, tu restes humble et lucide ; c'est ce qui fait ta force et ta profondeur. Merci pour ce moment de pur bonheur !


Je m'arrête ici, parce que le mieux est l'ennemi du bien et que j'aurais tellement à dire au sujet de ce film OVNI...
 

QUAND JE SERAI GRAND 
5 étoiles sur 5


Au fond ça ne se résume qu'à un seul mot... 

Gratitude !














vendredi 27 octobre 2017

Les hauts et les chaussettes d'un bobo glandeur nature


“Un homme est toujours la proie de ses vérités."

Albert Camus - Le Mythe De Sisyphe



LE NON SENS DE LA VIE SELON MARTIN POLAIRE
15 septembre 2015 - Verrières le buisson - Martin Polaire



UN MATIN DE JUILLET 1966, tu glisses difficilement au centre d'un long tunnel sombre et humide. Tout au bout tu perçois la lumière. Expulsé du ventre de ta mère, tu te retrouves dans un monde inconnu et abstrait... Tu serais tombé chez les martiens que ça ne serait pas aussi étrange. Tu ne sais pas encore à quel point tu vas aller de découvertes en déconvenues... 
Dès la prime enfance tu te fais dire qu'il faut manger le bon miam miam... pré-digéré... dans les petits pots que les grands industriels de l’alimentation pour bébé ont mis dedans avec plein d’additifs et de colorants.
Ta maman te fait tout manger... Oh le beau vomi orange fluorescent sur ton bavoir !
Franchement ça commence fort le gavage ! Surtout qu'à ta naissance tu avais déjà beaucoup de réserves de graisse. Pourquoi tant d'insistance à te faire ingurgiter autant d'aliments qui ressortent par tous tes orifices ?
Manger, vomir, manger, chier, changer la couche, manger, renvoyer, faire pipi, caca... C'est l'heure du dodo... Ensuite c'est reparti pour un tour de manger, roter, pipi, péter, vomir, manger, caca, changer la couche... Oh le beau cadeau que tu as fais pour ta maman... Ainsi de suite... T'es une vraie petite usine à compostage à haut rendement, dis donc ?!
Pauvre bout de chou, déjà tu digères mal la vie et ça ne fait que commencer. Une longue traversée qui se déroule comme un rouleau de papier cul sans fin te conduira vers l'infiniment... absurde.


LE TOUT PREMIER JOUR de l'école, dans la cour de récréation, sans trop savoir pourquoi, t'aimes pas du tout ça. Tu sens que ça craint.
Derrière ton pupitre, assis sur ta petite chaise, tu as l'horrible impression d'être maintenu en captivité comme un petit singe.
Tu te fais bourrer le cerveau de faux concepts pour que tu puisses bien appairer dans le moule étatique, bien sagement, comme un bon petit soldat de la nation.
Ton temps tu le consacres à dessiner des petits bonhommes allumettes et des petits cœurs, pendant que ta gentille maitresse s'évertue à t'apprendre que 1+1=2. Chacun se rend utile comme il le peut !
T'aurais envie de lui dire "2 centimes c'est le prix de 4 nounours jujubes... oui... car c'est 1 centime les 2 !". Tu connais déjà bien tes multiples de 2.
Elle ne demande pas à ta petite copine de droite, ni à ton petit copain de gauche, c'est bien toi qu'elle a dans son viseur. Elle te fait lever et elle te fait venir au tableau. Elle te demande de résoudre l'addition de 1+1. Elle te prend vraiment pour un nul ! Elle te regarde sévèrement et elle t'a déjà classé dans le dossier "Mauvais éléments". Tu vas lui montrer de quoi tu es capable !
Une petite voix intérieure dicte ta conduite et tu écris 3. Tu jouis presque de voir la tête déconfite de ta maitresse inutile. Malgré la peur dans ton ventre, tu te sens fort pour un petit bonhomme haut comme 3 pommes.  
Elle te fait effacer et reprendre plusieurs fois en te disant sur un ton péremtoire ; "Tu connais la solution et tu vas l'écrire au tableau." Que nenni, tu as décidé que c'est 3 la réponse et rien ni personne ne te fera changer d'avis. 
Tu portes déjà en toi le germe de la désobéissance civile mais tu ne comprends pas encore que ça va te peser trop lourd sur tes épaules toute ta vie. 
La maitresse se sentant trop importante de sa hauteur d'adulte est absolument contrariée que tu la dévalorises aux yeux de toute la classe. Tu la renvoies à sa petitesse d'humain.
Toi, tu es vraiment petit mais tu te sens absolument indestructible devant les regards moqueurs et inquisiteurs de tes petits compagnons.
Tête haute, tu fais face à la classe de mongols à batterie qui répond tous en cœur "Un plus un égal deux !". La maitresse est tellement fière de ses bons petits robots serviles. Son honneur est sauvé !
Tu les regardes tous dans les yeux. Tu observes dans leurs regards une lueur de bêtise, comme celle qui pousse les moutons de Panurge à suivre le berger qui se jette du haut de la falaise. 
Au fond de toi tu la connais la réponse et tu sais qu'il n'y a pas de quoi être fier de savoir que 1+1=2, mais eux ils ne le savent pas que tu le sais, ce qui fait de toi un être suprêmement subversif et évolué, mais ça il n'y a que toi qui le sait. 
Tu comprends déjà que dans la vie t'es toujours tout seul.
1+1 égal toujours 1... 


UN MATIN DANS TON LIT, tu réalises que tu as grandi trop vite et tes pieds dépassent de ton matelas. Pourtant la veille tu rentrais entièrement dans ton plumard. Ce matin là, tu te grattes les testicules et la masturbation se révèle à toi tout naturellement. Tu te dis enfin un truc cool dans la vie !
Tu te regardes souvent dans le miroir. Tu as 2 ou 3 poils qui te poussent sous le menton, 4 ou 5 boutons d'acné sur la joue, et des bras trop longs qui ne servent à rien d'autre qu'à t'encombrer l'existence encore plus, hormis les fois ou tu te branles, c'est à dire plusieurs fois par jours. Tu t'identifies un peu trop à E.T. ... Tu voudrais retourner à la maison, très loin, là-bas... dans les étoiles.
T'as franchement pas envie de devenir un homme cravaté, bon père de famille, gros bibendum de bière, pourvoyeur de l'american way of life, grosse maison et grosse voiture, avec une femme toutes options comprises, jantes en alliage chromé... airbags douillets... des enfants à têtes blondes... rotatives à 360 degrés... qui s'agitent... 365 jours par année... rébarbatifs... pour te faire le porte-feuille... auto-reverse... l'oseille... pour un Walkman... pour les loisirs... les sports... les sorties (alcool, drogue, sexe, rock and roll et tutti quanti)... pour mettre de l'essence dans la voiture... pour faire le taxi... pour leur acheter des fringues et des disques vinyles... 33 tours secondes... pour rouler ta bosse... pour faire tourner sans fin la grande platine à fric du système... tu dois passer la tondeuse et désherber tes plates bandes... tu connais la musique... lécher les bottes de ton patron pour qu'il upgrade ton salaire de larbin... faire l'amour à ta voiture comme un terminator... polir ta femme pour qu'elle brille comme un camion de pompier tout neuf... ensuite la remiser dans ton garage... tout en profitant de ton jacuzzi, tu fais griller tes adolescents dépecés sur les braises rouges du barbecue avec ton bras gauche... tu déblayes ton entrée de maison avec ta souffleuse à neige avec ton bras droit... les testicules te démangent...?! T'as qu'à t’acheter le bras canadien de la navette spatiale américaine tabarnak ! STOP ! EJECT...
Tu angoisses de plus en plus face à l'avenir. Tu voudrais te réveiller de ce cauchemar. Tu regardes tout autour, tu ne vois que ça la norme hétérosexuelle, et l'accumulation de biens matériels inutiles et obsolescents.
Non, tu ne vas pas te marier et t'enliser dans la norme. 


TU TE REGARDES TOUJOURS dans le miroir et tu vois cet homme en devenir... l'homo... sapin... la tapette... enguirlandée... la tarlouze... scintillante... le fifi... brin d'acier... le pédé... multi-plugs... la folle... allumée... le cuir... hyper membré... le gay... playmobil... plombier... pompier... conducteur de poids lourds... poilu... moustachu... policier... avec une grosse matraque... un bûcheron... un beau bûcheron bien baraqué du Québec... ?!
Qui es-tu ? 
Tu lèves souvent tes yeux fatigués vers les étoiles et tu pleures... Qu'est-ce que tu fais sur la terre entouré de 6 milliards d'humains ?
Tu te sens vraiment très seul.
Le reste de ton temps tu fais des choses et puis d'autres, comme sécher les cours, fumer des pétards avec les glandeurs de ton espèce, mettre ta mère en beau fusil, parce que tu ne ranges jamais ta chambre, et regarder la télévision en attendant que ça se passe.
Tu écoutes trop Depeche Mode, Boy George et Jimmy Somerville. Tu te répètes inlassablement que la vie est absurde et "Fuck the future" devient ton leitmotiv pour avancer dans le bourbier opaque de tes pensées les plus noires. T'es englué dans le merdier existentiel et tu sais maintenant que la merde va te coller aux baskets à chaque étape de ton existence.
Un jour de septembre 1983, tu savoures le Mythe de Sisyphe de Camus et tu te sens moins seul le temps d'une lecture. Il t'apporte un peu de cette joie étrange qui aide à vivre et à mourir.
Par la suite, tes comportements et ta ligne de conduite trouveront un écho profond dans la pensée de ce grand homme. Cette pensée qui s'affranchit de l'absurde par la révolte te sauveras du suicide. Tu n'abdiqueras pas devant l'absurde... tu écriras ce qui t'anime et ce qui te motive à toujours pousser ton lot de vicissitudes au sommet de la montagne.
Même si tu l'exècres, la vie t'exalte. 





T'AS 18 ANS ! Tu comptes enfin explorer les plaisirs exquis de l'amour. T'es foutu ! Le SIDA rode tout autour. 
Tu les vois mourir un à un à la télé... dans les journaux... 1+1+1+1+1... = DEAD IS EVERYWHERE... dans les bouches qui se délient... partout ou tu passes... dans les coins sombres d'un sauna crade... une ruelle qui sert de piquerie... un parc la nuit... tu te fais défoncer à sec par un mec rude... les poisons sont partout, dans les drogues chimiques, dans l'alcool, dans la débauche, dans les regards lourds... dans l'air du temps... tu baises mais tu ne trouves plus du tout ça cool... jusqu'au jour ou tu comprends que ce qui tue au long cours... à petit feu... ce n'est pas le sexe, ni le SIDA, mais bien la vie... tu traverses un vaste terrain miné... partout ou tu passes tu dois faire attention ou tu mets tes pieds... tu t'enfonces dans les décennies... tu prends lourdement conscience qu'autour de toi, partout sur la terre, c'est la désolation... le compteur des morts tourne sans fin... c'est l'unique condition à la vie... mourir... que l'idéologie marchande en fait son fond de commerce depuis la nuit des temps... que les vendeurs d'armes trouvent toujours preneur... que l'industrie pharmaceutique se nourrit de la putréfaction des corps pour engraisser les actionnaires... que la politique pue la pourriture capitaliste à plein né... que les religions te font miroiter un ailleurs meilleur... à condition que tu rachètes tes péchés... que tu te saignes à blanc... que tu te sacrifies au nom de Dieu, d'Allah, de Yahvé... et partout l'on meurt... des bombes... des tueurs fous... des kamikazes... du fric show... du grand déballage... de la misère... de tout... de rien... du vide... du manque d'amour... et pour faire tourner la roue on met des bébés au monde... qui vomissent tous les mêmes petits pots de pois verts et carottes... les mêmes purées que l'on sert à nos pauvres vieux édentés dans les structures d’accueil médicalisées... regardez le bon miam miam... faut vider tout le bol... et oui... avant de mourir et de retourner d’où vous venez... faut tout manger.


EN BRUIT DE FOND toujours la télévision remplit le vide par le vide. 
Partout tu entends les mêmes infos qui tournent en boucle.
La distraction demeure depuis toujours le patch nécessaire pour masquer l'appauvrissement de l'être.
Les gladiateurs ont été remplacés par les joueurs de foot.
La consommation est la loi qui maintient les hommes dans leurs mœurs tribales.
Les ressources de la terre s'épuisent.
Les humains gaspillent jusqu'à 16% de la production mondiale d'électricité pour l'utilisation des communications dites modernes.
On voudrait acheter toujours plus de tout pour tenter de combler le vide d'une vie sans perspective.
On est la cause directe de la 6ième extinction de masse.
On se textote, se sms, se like, se twitte, se facebouquine, se zappe, se chronophage et on s'ignore. 
On ne sait plus se regarder autrement que par les écrans tactiles et les JE de société, et cela, aussi bien en tant qu'individu que sur le plan collectif.
On veut exister mais on croule sous un gros tas 
d'immondices et d'absurdités.
ON c'est un con irrécupérable et tu voudrais bien lui mettre sa switch à OFF, pour qu'enfin il fasse des économies d'énergie, et qu'ainsi il réduise sa nocive empreinte sur l'environnement et la biodiversité.


MÉTRO, BOULOT, DODO... tu aimerais bien que ça redevienne ton lot pour t'extraire d'un mauvais bad trip qui perdure depuis trop longtemps. 
Tu rêvais d'une vie moins ordinaire. Pourtant tu as voyagé... aimé... baisé... Pourquoi te sens-tu toujours aussi anachronique et lourd ?
Tu reviens en arrière et tu fais un arrêt sur image. Tu écris à la craie sur le tableau 1+1=...
Tu es debout devant cette grande surface noire et derrière ton dos des témoins lumineux rouges t'observent.  Tu voudrais hurler très fort mais aucun son ne sort de ton corps. La craie blanche chute dans l'abime. Tu fusionnes dans le tableau noir pour ne faire qu'un avec lui. L'armée de témoins lumineux rouges visent ta tête. Tu t'effaces...
Tu te réveilles au petit matin, tu aimerais pouvoir te dire; "Aujourd'hui j'ai rendez-vous chez mon gentil dentiste pour refaire mes façades ultra-blanches, pour montrer que je suis heureux quand je souris. Faut que ça brille sur mes selfies !" Sauf que tu n'as pas les moyens de te refaire les façades et que tes dents s'érodent comme des craies sur du béton. 
Tu voudrais mordre violemment dans la dureté du monde moderne. T'as pas les crocs qu'il faut. Même les loups savent que c'est peine perdue.


BREF, tu as maintenant 49 ans. Le cul entre hier et demain, tu te sens dépassé et tu te dis;"Comment j'ai pu débouler aussi bas ?" Ton présent tourne en redondance cyclothymique. Ton futur tu l'as toujours bien fucké ! 
Tu écris sur ton blog ; "La masturbation c'est de moins en moins mon truc... ou de plus en plus mon truc... ça dépend de l'humeur du jour. Je ne suis pas encore rendu au bout du rouleau de papier de toilette qui me sert de support pour torcher tous mes mots lourds. C'est vomitif et ça craint jusqu'au jour ou tout s'éteint. Maintenant je sais à quel point ça craint ! En attendant que ça se passe... J'ai encore beaucoup à écrire et je dois remonter la pente!"

















samedi 21 octobre 2017

Au gré de l'entropie : La loi de Murphy colle à ma chaussure



« Pour que votre voyage de noces soit un succès total sur le plan touristique, sentimental et sexuel, la première chose à faire est de partir seul. »
Pierre Desproges   



La loi de Murphy colle à ma chaussure
Martin Polaire - Décembre 2014



Les lois de Murphy

Version catastrophiste: Toute catastrophe qui peut se produire se produira.
 

Version chronoprioritaire: S’il y a une possibilité que plusieurs désastres se produisent, celui qui causera le plus d’ennuis sera le premier à arriver.
 

Version logicotransgressive: Si un malheur est impossible, il se produira quand même.
 

Version récurrente: Si vous devinez qu’il y a X manières possibles pour que quelque chose déraille, et les prévenez, alors une (X+1)ème manière, totalement imprévue, apparaîtra rapidement.
Version pessimistissime: Si tout semble bien marcher, vous avez forcément négligé quelque chose.





Caca de chien

Parlons-en des rues et des trottoirs parisiens. Un effort est apporté par les maitres de chiens, pour ne pas laisser les déjections canines sur les rues et sur les trottoirs. C'est encore plus interpellant car des crottes il y en a de moins en moins, mais ça ne m'empêche pas de me mettre le pied dedans aussi petite soit-elle. La dernière fois j'étais au jardin des Tuileries, je me baladais dans une allée centrale extra-large et je me suis mis le pied dedans. J'ai bien regardé tout autour et c'était propre partout. La probabilité de marcher dans cette merde était infiniment petite, voire nulle.

C'est étrange que pour la loterie ça ne marche pas aussi bien. L'objectif étant de gagner, la logique fait que ça n'arrivera pas jusqu'au jour ou ça arrivera pour quelqu'un d'autre qui habite à 1000 bornes de moi et qui n'a jamais marché dans de la merde.






En transport en commun 

Loi de Montparnasse: Plus vous êtes pressé, moins votre métro l’est.
Loi de Strasbourg: Une ville qui reçoit un prix pour l’excellence de ses transports en commun verra le jour même un accident de tram majeur.
Automatisme du Bus de Vranckx: Celui qui paye tous les jours le métro ou le bus ne sera jamais contrôlé. S’il resquille une fois parce qu’il a oublié son argent chez lui, il le sera.


La semaine dernière j'avais un rendez-vous chez mon psychanalyste et je suis très à cheval sur la ponctualité. Je décide de partir très en avance en me disant "Il faut prévoir les imprévus". Je prévois alors 2 heures de battements et je me retrouve en plein mouvement social de la RATP. Je dois composer avec 1 autobus sur 3. Le premier me passe sous le nez, je dois attendre 45 minutes pour le suivant et pour le correspondant je patiente 20 minutes. Je rajoute à ces attentes la durée totale de mes transports d'une durée de 45 minutes. Je descends et il ne me reste que 10 minutes pour me rendre à pieds au cabinet de mon thérapeute à l'heure fixée, un parcours que je fais habituellement en 15 minutes d'un pas normal. Je cours et je manque de me faire frapper par un autobus qui passait enfin! Ensuite à un coin de rue je dérape dans une crotte de chien et je m'accroche à un lampadaire pour éviter la chute. J'arrive avec un petit 2 minutes d'avance chez mon psy avec un grand stress. Il m'a reçu avec 15 minutes de retard avec son plus beau sourire en prétextant la grève des transports.





EN AVION 

Loi du Hublot: La fréquence d’utilisation des toilettes est proportionnelle à la proximité du hublot et au nombre de voisins dérangés.

Loi Aéropédiatrique: S’il y a un bébé qui pleure pendant toute la durée du voyage, il est toujours placé sur le siège à côté de vous (particulièrement sur les vols transatlantiques).
Exaspération de St-Exupéry: Si vous tombez en panne dans le désert, personne ne viendra vous aider à réparer votre avion, mais un sale gosse peut vous demander de lui dessiner un mouton.

L'avion m'a terrorisé pendant des années. J'avais une peur phobique de prendre cette machine volante, jusqu'au jour ou j'ai lu dans un article scientifique que j'avais moins de probabilités de mourir dans un crash d'avion que de gagner à la loterie, c'est à dire un risque quasi inexistant. Quelle chance!

En atterrissant en Égypte l'avion avait littéralement décroché en approche de l'aéroport et ma voisine m'avait rentrer ses ongles jusqu'au sang dans mon bras croyant sa mort venue. Ma seule réaction fut de rire et j'étais résigné à mourir. C'est lorsque le pilote à remis à fond de train le régime moteur que j'ai eu peur. D'un piqué plongeant, l'avion s'est cabré soudainement vers le haut et nous avons été tous écrasés par la force gravitationnelle comme des merdes. Je n'ai pas aimé ça faire la montagne russe en avion.

Lorsque nous avons descendu de l'avion, les agents de bord étaient livides comme s'ils avaient vu la mort de très près. Nous avions frôlé le gros lot à la loterie de la fatalité mais un malencontreux évènement a contrecarré le crash; les commandes de vols avaient bien fonctionné. Depuis ce jour je ne pense même plus à m'acheter des billets de loterie.




Dans les toilettes publiques

C'est toujours lorsque j'ai une envie de chier monstre que j'arrive toujours dans des toilettes publiques ou la personne avant moi à chier partout sur les murs et sur la lunette de la cuvette, et que le dérouleur de papier cul est vide. Quand je n'ai envie de faire qu'un gentil petit pipi les toilettes sont toujours très propre et le rouleau de papier plein.




Jamais le bon papier

Il manque toujours un papier et je ne suis jamais au bon kiosque pour retirer le bon formulaire. Pour le dernier renouvellement, mon passeport s'était perdu dans un classeur du consulat canadien à Paris. Le préposé à l’accueil a prétexté que ce genre d'erreur ne lui était jamais arrivé de toute sa vie et que c'était la 1ère fois qu'il perdait un passeport. J'avais reçu un téléphone le matin même me disant "Bonjour! Votre passeport est prêt...". J'étais venu à 13H le chercher, mais en vain et j'ai reçu un téléphone en fin de journée pour me faire dire "Bonsoir! Nous avons retrouvé votre passeport mais nos bureaux ferment dans 5 minutes. Vous devrez repasser demain". Au retour de Paris, sur le RER B, le train est resté en panne 1 heure et il était bondé de gens stressés et fatigués. Je me suis retrouvé à coté de quelqu’un qui puait le diable et j'ai du laisser ma place à une petite Mamie qui a tiré la tronche quand elle a flairé l'odeur de camembert pourri de son voisin. Ce jour là je n'avais pas marché dans un caca de chien mais je me dis qu'il aurait mieux fallu. En sortant du train l'adorable Mamie m'avait dit "Monsieur, vous avez un grand bout de papier qui traine derrière vous." Pour une fois qu'il y en avait dans les chiottes du McDo. Du con, en relevant mon pantalon j'avais accroché le bout du rouleau de papier dans ma taille sans m'en apercevoir. Je comprenais enfin pourquoi tout le monde m'avait sourit sur les trottoirs du Marais. J'avais cru que les parisiens étaient devenus comme par magie agréables et sympathiques. J'avais 5 mètres qui trainaient derrière moi. Quel monde de merde!















Fable moderne : Mal dominant


"Il est vital pour l'oligarchie de maintenir la fiction d'une démocratie."

Hervé Kempf       




























Faut pacifier à tous les étages, et les plus tyrans ne sont pas toujours ceux que l'on croit, mais plutôt ceux que l'on croise, dans un ascenseur par exemple, un simple collègue de bureau appelé à devenir un petit chef méprisant et autoritaire.
L’ascension sociale du larbin emprunte très souvent la voie du "passe-droit", du "couche-toi-là" et du "lèche-botte", pour la satisfaction des besoins des hauts dirigeants, dans le seul but de gravir les échelons, toujours plus haut, à des fins arriviste, et c'est vrai dans toutes les hiérarchies. Mais attention, qui dit montée vertigineuse, dit aussi descente infernale...
Monsieur Collet Monté veut effectivement monter rapidement vers le sommet de la tour, mais ne supporte pas de faire le voyage avec tous les larbins subalternes qui doivent s'arrêter aux différents étages, pour rejoindre leurs "open-space" cloisonnés comme des cages à poulets.
Le souci, c'est que l'ascenseur personnel à très grande vitesse de Monsieur Collet Monté est en panne et il devrait normalement se mêler à la populace pour accéder au 100ième étage.
Alors il invoque la raison d'état pour faire appliquer la mesure d'urgence, pour réquisitionner le transport vertical publique, pour son utilisation strictement personnelle. "Non mais... pour qui il se prend ce trou du cul ?" se disent certaines fortes têtes dispersées dans le troupeau de sots serviles, qui attendent leurs tours d'ascenseurs, pour gravir le sommet de leurs piles de dossiers inutiles.
Tout le monde reste sur le plancher des vaches, tandis que l'homme important gravi la tour en forme d'ogive, dans le but de faire signer des contrats juteux de ventes d'armes pour des nations désunies. 
Oups, petit hic, c'est que l’ascenseur tombe en panne avec lui dedans au 69ième étage, vraiment pas de chance. La loi de Murphy lui colle à ses pompes cirés comme de la crotte de caniche. "Merde ! Merde ! Merde !..." il répète désespérément sans que quiconque ne l'entende. Tout seul, avec sa mallette en cuir noire menottée à son poignet viril et poilu, il a l'air démuni comme un gorille en cage, et personne pour lui lancer des cacahouètes et des bananes.
Le pauvre affairiste, il ne saura jamais qu'un avion Mirage vient tout juste de percuter le phallus arrogant de 100 étages, que tous les petits ouistitis qui sont restés au rez-de-chaussée s'en tirent à bon compte en empruntant les sorties de secours, tandis que les riches homologues étrangers avec lesquels ils devaient conclure les transactions, se sauvent en sautant par le sommet de la tour avec leurs parachutes dorés.
L'animal a laissé son Iphone et sa clé de menotte dans sa mallette noire. Le code pour ouvrir sa mallette noire est dans son Iphone. Faut bien avoir fait les HEC et l'ENA pour être aussi con. Il a très chaud et il sent une forte odeur de fumée. Il se sent atrocement coupé du monde extérieur. Il comprend que quelque chose brûle. Il a terriblement peur. Il sent que c'est la fin des haricots. D'ailleurs il a chié ceux que sa bonne lui avait cuisiné la veille, dans son bel underwear Versachiotte. L'odeur est épouvantable !
Oui, à force d'ériger des bras d'honneur pour la liberté, des buildings en forme de pénis pour la vigueur économique des actionnaires, des ogives à tête explosive pour les festivités pyrotechniques des oligarques, des tours penchées pour les milliardaires désaxés, les hommes risquent de se prendre dans leurs culs opulents, leurs beaux symboles de "Mal dominant", qu'ils se sont dressés fièrement pour montrer au petit peuple leur pouvoir capitaliste.
Vraiment une secte d'adeptes de bondages SM, derrières leurs cravates aux 50 nuances de gris, ces brasseurs de merde et de fric, tous des hypocrites, avec leurs closes de confidentialité sur des contrats tachés de sang. Non mais...
En tout cas, c'est le cas de le dire, d'ici à ce que les pompiers viennent récupérer ses restants cramés, Monsieur Collet Monté s'est bien fait circoncire sa tête de gland, et le Mirage vendu d'une précédente transaction juteuse s'est bien crashé dans son douillet callipyge.

La morale de cette fable : Manger des bananes, faites l'amour, pas la guerre, laissez votre place à la mamie dans le métro, et ne gravissez surtout pas l'ascenseur social, sous peine de devenir incompétent et surtout très con-pétant.

















vendredi 13 octobre 2017

PORTRAIT DE FEMME Nathalie Joly dans les pas d'Yvette Guilbert


"Je suis si paresseuse que je ne fais même pas mon âge."


Yvette Guilbert       








PORTRAIT DE FEMME Nathalie Joly dans les pas d'Yvette Guilbert

Martin Polaire



Les soirées automnales arrivent et le train train quotidien amène un surcroit de fatigue. Dans un monde rythmé par les communications modernes chronophages et les impératifs du travail, il est parfois salutaire de s'extraire de l'étau du temps pour s'offrir des instants de vie, portés et bercés par le désir et les rêves, bien encrés dans le réel.


Samedi soir dernier, le 7 octobre, j'ai assisté à l'intégrale du spectacle Yvette, Yvette, Yvette ! au Théâtre du soleil, sur le site exceptionnel de La Cartoucherie, tout près du château de Vincennes. 
J'ai découvert un tout nouveau lieu et prendre contact avec un nouveau territoire culturel est selon moi un acte d'amour. Allez à la rencontre d'un théâtre et s'immerger dans l'univers de la scène, c'est s'offrir une place importante au cœur même de l'art et de la culture.
Devenir le pivot de tous les possibles, juste par le regard posé sur une œuvre, et reconnaitre celle-ci dans ses qualités intrinsèques, requiert une grande ouverture et une envie de dépasser ses propres limites. Regarder une œuvre c'est la rendre vivante et lui donner sa raison d'exister. Acheter un billet pour aller voir une pièce de théâtre c'est aussi un acte politique ! 
Sans l'apport du public, les artisans, artistes, techniciens, acteurs, metteurs en scène, peuvent vite se retrouver à la case précarité, parce-que simplement l'état ne reconnait pas à sa juste valeur et ne soutient pas suffisamment la création artistique à l'échelle locale. Par des volontés individuelles mises en commun pour le collectif, cette vivacité culturelle existe surtout grâce au travail acharné de cœurs vaillants, qui ont besoin d'être vus, écoutés, encensés, par des citoyens soucieux de rendre la créativité artistique pérenne.
Donc c'est à nous tous de faire en sorte que la culture reste un des piliers fondamentaux de notre société, et c'est seulement par notre action citoyenne que les arts pourront continuer à vivre et à s'exprimer, autrement que par la marchandisation de masse de la culture, à grand renfort de sponsors pour des productions tout public. Les collectifs d'artistes ont besoin de notre curiosité, de notre soutien, de notre amour et de notre contribution pour continuer à faire de notre monde un endroit ouvert et solidaire.

Sans apriori, je me suis laissé glisser dans l'ambiance feutré du Théâtre du soleil, et je m'y suis senti bien. Un accueil chaleureux, des visages souriants, un espace convivial, ou il est possible de se réconforter devant un bon bol de soupe bien chaude, une assiette de salades et de fromages, un verre de rouge et quelques empanachas, et tout ceci à prix très démocratique. Une belle entrée en matière avant de passer au plat de résistance.

Par quelle bout commencer lorsqu’il est question d'engloutir la vie d'Yvette Guilbert ? Tout simplement par le début. Commençons tout d'abord par la genèse d'une belle aventure de plus de 10 ans, celle d'un spectacle, Yvette, Yvette, Yvette !




AU TOUT DÉBUT...

Nathalie Joly
Nathalie Joly, déjà bien engagée dans un parcours artistique dès son plus jeune âge - elle n'a que 10 ans lorsqu'elle monte un spectacle avec un copain dans sa chambre - se sent investie par la fibre artistique ; son avenir en sera conditionné profondément. 
Elle commence le théâtre à 14 ans, ou elle participe à des créations collectives pendant 6 ans. Elle intègre avec son bon ami Jacques Verzier le Théâtre de la tempête dirigé par Philippe Adrien, et ils ouvrent avec Les rêves de Kafka ; elle n'a que 23 ans alors. Cette expérience forte dans le Théâtre de la tempête lui ouvre les portes du rêve et devient pour ainsi dire la matrice de la trilogie Yvette, Yvette, Yvette !
La gestation aboutira enfin à la réalité, celle de produire sur une décennie cette trilogie au Théâtre du Soleil. Le beau rêve nait de l'union d'artistes portés par une vision commune, celle de nous raconter le parcours d'Yvette Guibert, mis en mots et en musiques à travers 3 époques bien distinctes.
Nathalie se met à creuser et se dirige vers l'origine du parler-chanter qui était propre à Yvette Guilbert, qui a été rapeuse ou slameuse bien avant l'arrivée du Rap d'aujourd'hui. Très jeune, Nathalie découvre Kurt Weill au conservatoire et se passionne pour le style parler-chanter, ce qui donnera par la suite une collaboration avec Jacques Verzier pour monter un spectacle sur Kurt Weill et Bertold Brecht.
Grace à une demande de la société psychanalytique de Paris, Nathalie se dit alors "Je vais aller à l'origine !" et la première pièce Yvette, Yvette, Yvette ! est alors créée et jouée devant une salle de psychanalystes. Vous imaginez un peu la pression ? Tous ces regards analytiques !!!
Yvette Guilbert
Au fil des ans, Nathalie constitue une collection de documents originaux ; des correspondances entre Yvette et Freud entre autre... Et elle reçoit aussi une importante et inestimable donation d'une Dame de 90 ans du nom de Rosine Thomas qui détenait dans son coffre à trésor des partitions et des feuilles du répertoire grivois d'Yvette Guilbert, qui avaient été accumulés lors d'héritages. Tout ce matériel devient le liant à la création des deux autres épisodes qui consacrera la trilogie Yvette Yvette Yvette !
Formée au sprechgesang (parler-chanter), Nathalie détenait déjà les bases solides pour évoquer la vie d'Yvette Guilbert, et me précise bien au passage qu'elle ne l'imite pas et ne l'incarne pas. Le postulat de départ, avec Jacques Verzier, était de créer une évocation inspirée par un pont dressé entre le parcours d'Yvette Guilbert et celui de Nathalie Joly. 
Au fil des représentations, Nathalie éprouve une profonde compréhension d'Yvette Guilbert, parce qu'elle l'évoque de l'intérieur, avec beaucoup d'intuition et elle se sent en phase avec cette femme hors du commun. Elles se rencontrent toutes les deux au centre du pont et elles deviennent des amies complices sur la scène. L'osmose est parfaite !!!








1, 2, 3... Yvette !

Naissance de "Je ne sais quoi" en 2008, ensuite est arrivé "En v'là une drôle d'affaire" en 2012, et enfin le troisième bébé "Chansons sans gêne" en 2015. 






Rencontre entre Nathalie Joly et l'ours pataud du Québec !

Pour la 1ère fois de ma vie je me suis prêté au jeu de l'entrevue, avec mon dictaphone, un peu maladroitement, fébrile... intimidé... comme un jeune étudiant que je suis... sauf que j'ai 51 ans et que mes poussées d'acnés se sont calmées depuis belle lurette ! 
Armé de mes questions notées sur une feuille de papier, nous nous sommes installés Nathalie Joly et moi au bout d'une table en bois, verre de vin à la main et quelques mignardises salées pour nous réconforter, je l'ai regardé dans les yeux et j'ai été conquis au fil de nos échanges par sa simplicité et son authenticité.
Cette femme au regard vif et pétillant m'a consacré de son temps après son incroyable tour de chant d'une durée de 3 heures et 15 minutes, pour répondre à quelques-unes de mes questions...


    Martin Polaire : Yvette Guilbert à travers les yeux de Nathalie Joly, que penserait-elle de la condition de la femme dans le monde d'aujourd'hui ?
    Nathalie Joly : Je pense que ça n'a pas changé. Elle penserait à peu près la même chose, car ses mots que j'utilise dans le spectacle sont complètement contemporains. Quand elle dit heureusement aujourd'hui tout ça est terminé - avec beaucoup d'humour - bien non ce n'est pas terminé, ce n'était pas terminé à son époque et ce n'est pas terminé à la notre. Voilà, c'est désolant...
    Martin Polaire : Il n'y a jamais rien d'acquis ?!!
    Nathalie Joly : Non il n'y a jamais rien d'acquis pour les femmes, c'est clair qu'il faut toujours continuer à se battre !
    Martin Polaire : Sans langue de bois, que penses-tu de tes metteurs en scène, Jacques Verzier et Simon Abkarian.
    Nathalie Joly : Je les adore tous les deux, vraiment ! - rire. Je les adore tous les deux !!! Avec Jacques déjà on se connait depuis toujours, c'est comme mon frère. Simon je le connais depuis très longtemps aussi, on a commencé ensemble au Théatre du soleil... Cest la famille ! On est en famille, j'ai beaucoup d'admiration pour eux. C'est un pur bonheur de travailler avec eux (son regard est vif).
    Martin Polaire : La famille, c'est se qui porte le spectacle, c'est ce qui fait que le spectacle se porte bien ?!!
    Nathalie Joly : Sous quatre yeux... Sous des yeux plein d'amour, de bienveillance, ça c'est primordial, le spectacle se porte bien !
    Martin Polaire : Comment se déroule ta collaboration avec tes amis(es) de scène, Emelyne Chirol violoniste et Jean-Pierre Gesbert pianiste qui est aussi acteur dans le spectacle ?!!
    Nathalie Joly : Emelyne n'est là que ponctuellement, elle va jouer sur le 2ième disque, du coup on l'invite de temps en temps à jouer dans le deuxième spectacle, je l'aime beaucoup. Avec Jean-Pierre, ça fait plus de 20 ans qu'on travaille ensemble, il est génial, c'est un Artiste incroyable... C'est une complicité entre lui et moi qui est géniale, on se fait confiance, c'est un vrai duo ! On a de réels échanges, l'un rattrape l'autre, c'est un vrai plaisir.
    Martin Polaire : Si tu avais un ultime rêve à réaliser, quel serait-il ?
    Nathalie Joly : Là, tout de suite, que la salle soit pleine à chaque soir - rire - et qu'on refuse beaucoup de monde !
    Martin Polaire : Un monde idéal serait quoi selon toi ?
    Nathalie Joly : Déjà une vraie parité entre les hommes et les femmes, et sans violence envers les femmes. Lorsqu'on sort d'une trilogie comme ça, c'est quand même ce que ça raconte quoi ! C'est à dire qu'il y a ces violences faites aux femmes, qui sont au cœur de ce que défend Yvette Guilbert pour moi. C'est une évidence, c'est à dire que tout ce qu'elle fait avec son parler-chanter... son rythme fondu... tous ses portraits de femmes qu'elle manie, qu'elle essaie d'incarner, et que moi j'essaie d'incarner... disons que j'essaie de traverser plutôt que d'incarner, et de les partager avec le public, c'est quand même ça... cette envie que les gens se calment et respirent doucement. Que les gens soient plus généreux, plus honnêtes, plus loyaux... C'est ce que dit la chanson Moulin Rouge, rêver d'un monde meilleur, elle est magnifique cette chanson. Si on pouvait par nos ailes du Moulin rouge avoir accès à un monde meilleur, et pour eux et pour elles, ça serait magnifique !
    Martin Polaire : D'ailleurs, un aspect de la vie d'Yvette Guilbert m'a beaucoup touché, c'est l'évocation au sujet de son école des arts de la scène à New York, lorsqu'elle donne des cours à de jeunes filles gratuitement, pour les tirer vers le haut ! Cette évocation reflète bien la vision qu'elle avait d'une société plus juste et plus humaine...
    Nathalie Joly : Elle avait envie de transmettre son art, elle a senti qu'elle avait en sa possession quelque chose de primordial. Elle a été longuement malade pendant 11 ans et je pense que la transmission était aussi une façon de continuer à travailler pour elle, pour son art et de rester vivante.
    Martin Polaire : Que t'inspire l'amour ?
    Nathalie Joly : L'amour... - un ange passe - ...oh là c'est une vaste question ! - rire.  L'amour c'est ce qu'il a de plus important, ça peut être l'amour d'une mère pour son enfant, comme dans La glue, qui est une chanson magnifique, cette espèce de rêve, c'est tout ce que l'on a en soi. C'est aussi l'amour de mes grands-parents qui me porte dans ce spectacle, ils sont avec moi tout le temps. Ce que j'adore aussi chez Yvette, c'est lorsqu'elle parle de son ange, qu'elle dit j'ai toujours vu mon ange, je sais qu'il est là. J'ai eu la chance d'avoir de magnifiques grands-parents maternels qui continuent à être la haut et qui sont présents avec moi tous les soirs quand je monte sur scène, et c'est un vrai cadeau de la vie. Ils sont là avec moi et ils m'aident beaucoup à porter tout ça et à continuer tout ça. Après il y a les hommes, ça va, ça vient - éclat de rire !!! 
    Martin Polaire : De toute façon l'amour des hommes, il n'y pas que ça (c'est moi qui dit ça ?!!)... L'amour c'est très vaste et très large (ça donne le vertige !)... Il y a différente forme d'amour (je m'enfonce dans les abysses)... 
    Nathalie Joly : Voilà, sur ce sujet là, je pense que Fleur de berge c'est une très belle chanson d'amour.
    Martin Polaire : Une dernière question Nathalie, qu'elle est ta gourmandise préférée ?
    Nathalie Joly : Le chocolat et le vin blanc ! (c'est une épicurienne !!!) - éclat de rire.
    Martin Polaire : Le chocolat et le vin blanc, pourquoi pas ! J'adore ! Merci beaucoup Nathalie de m'avoir accordé cet échange, tu es adorable !



Martin Polaire que pense t-il de l'intégrale Yvette, Yvette, Yvette ?

Je me suis laissé imprégner par l'ambiance feutrée qui se dégageait de la scène. La scénographie épurée laissait toute la place à l'évocation de la vie d'Yvette Guilbert, cette grande artiste française, portée magistralement par la gestuelle et la voix de Nathalie Joly. 
Je n'étais pas très référencé au sujet de la vie d'Yvette Guilbert, mon regard était nouveau, vierge, dépourvu de toute forme d’apriori ou d'affect, je ne demandais qu'à observer, qu'à écouter et qu'à découvrir cette vie palpitante. Nathalie Joly détient quelque chose de très poignant en elle, qui transparait dans son jeu de comédienne, ou elle maitrise parfaitement son personnage, qui est à mi chemin entre Yvette et elle. C'est troublant, car elle arrive à nous faire voir une femme complexe et polyédrique, singulière et hors norme. La fusion est réussie !
J'ai aimé les chansons "parler-chanter" qui me rappelle aussi les chansons de La Bolduc, une grande artiste du Québec, du début du 20ième siècle. 
L'évocation de Freud marque le parcours des trois volets à cheval sur le 19ième et 20ième siècle ; Yvette et Sigmund étaient de grands amis et ils ont été des sources d'inspiration l'un pour l'autre. La présence de Freud à travers la vie d'Yvette Guilbert, nous fait voir d'avantage l'homme que le psychanalyste, et pour moi, c'est ce qui rend cette épopée si attachante ; un parcours marqué par la passion et l'amour, nourrit par cette grande amitié. 
Je ne veux pas vous faire le détail des chansons, car c'est important de garder le mystère. J'ai beaucoup rit à l'écoute de certaines chansons grivoises, d'autant plus que Nathalie, par son expressivité et sa façon de bouger, a le talent fou, celui de faire rire, et c'est le signe distinctif d'une très grande actrice ! Vraiment exquise dans sa manière d'être ; drôle et décalée.
Certaines chansons d'amour sont très émouvantes. Nathalie dans ce spectacle ne fait pas que parler-chanter très bien, elle chante aussi formidablement bien, elle a une maitrise du chant qui lui permet de donner en émotion et en intensité. J'ai adoré sa voix dans les moments tendres et touchants. Elle est très poignante et ses interprétations touchent à l'âme.
Le jeu entre Nathalie et son pianiste, Jean-Pierre Gesbert, est très important dans la trilogie. La complicité entre les deux artistes apporte un éclairage doux et mélancolique, toujours enveloppée de rire et de joie, car avec Yvette et Nathalie, et leur pianiste... - Jean-Pierre Gesbert est drôle et touchant - même lorsque c'est triste, il y a toujours de la lumière. 
Je ne peux pas laisser sous silence le rôle que Jacques Verzier, metteur en scène des volets 1 et 2, a eu dans cette heureuse découverte que j'ai fait. Avant de le rencontrer il y a un mois, je ne connaissais pas du tout Nathalie Joly et je connaissais très peu le parcours d'Yvette Guilbert.
Merci à toi Jacques de m'avoir initié à l'univers du Théâtre du soleil, à celui de Nathalie, de Simon Abkarian, de Philippe Adrien, et de tous les techniciens, artisans et artistes, qui font de Yvette, Yvette, Yvette ! un spectacle sublime et touchant !
Je voudrais bien voir les lacunes de ce spectacle, j'ai essayé de voir les vices de forme, j'ai tenté de déceler une quelconque faille dans la mise en scène, mais je n'en vois aucune.
Il y avait longtemps que je n'avais pas ressenti l'allégresse dans toutes mes cellules, et si j'ai un seul conseil à vous donner, c'est celui-ci... Laissez-vous atteindre par la lumière d'Yvette, Yvette, Yvette ! Allez voir ce spectacle en intégralité, vous en ressortirez transformés(es) par l'amour...








Je vous conseille très fortement pour approfondir d'avantage l'univers de la trilogie Yvette, Yvette, Yvette ! le site officiel de la compagnie Marche la route, créatrice de théâtre musical, spécialiste de la forme "parler-chanter". Vous y trouverez tous les productions de Nathalie Joly avec sous chaque rubrique un descriptif détaillé de chaque spectacle, et aussi des revues de presse très fouillées...

http://marchelaroute.free.fr/index.htm


Pour découvrir la voix et la gestuelle scénique de Nathalie Joly, allez jeter un coup d’œil du côté de sa chaine YouTube...

https://www.youtube.com/channel/UCYGpen-UnInTqS_SDMoIgTA